Dialogue des formes

 

Puisant ses sources aussi bien dans la culture populaire que classique, Vincent-Michaël Vallet use de médiums et de références très divers et propose dans ses créations plastiques des formes hétéroclites. Concevant la pratique de l’art tel un jeu conditionné par le hasard des rencontres, ses propositions sont souvent fortement ancrées dans un esprit récréatif renvoyant parfois avec quelque nostalgie et dans certains cas de façon illusoire à l’innocence perdue de l’enfance.

 

Par contraste à l’attention qu’il porte à la conception de ses propositions, il a pour posture de ne pas assimiler son statut d’artiste et le travail qui en résulte à un métier. Selon lui, « l’art est avant tout un moyen de participer au corps social à travers une activité de production d’apparence libre et ludique ». La majorité des pièces qu’il réalise sont le résultat d’une pluralité d’expériences plastiques instinctives ou éphémères. Parmi les différents axes artistiques qu’explore cet animateur de formes se trouve un dialogue mené depuis plusieurs années avec les œuvres du passé et les lieux de mémoire. Ce matériel est apprivoisé, revu, relu et transformé, pour donner naissance à un dialogue ancré dans le quotidien actuel.

Guillaume Kazerouni

(Conservateur au Musée des Beaux-Arts de Rennes)

Co-errance


A première vue, l'occupation de Vincent-Michaël Vallet génère un éparpillement d'objets ludiques et disparates, tirés d'un imaginaire toujours déjà enfantin et d'un rapport natif au monde. Dans cette constellation, qu'y lire ? Errance, plus qu'égarement, là où l'erre désigne l'élan acquis qui pousse dans une direction ; lancée qui atteint à un sens. La co-errance consonne alors comme seul lot de savoir possible.


Contre toute attente, il y aurait de la cohérence dans l'errance. Est-ce à dire que toute errance est déterminée ? Encore faut-il accepter de se mettre à l'(h)auteur de l'enfant - auteur de vue. Cet enfant qui, dans sa liberté de production et son autorité, est l'artiste par excellence - prélude. Consentir au déplacement qui conduit du lieu du sens commun et tranquille de l'adulte, celui qui sait, vers la proposition de la dissidence. Co-errer avec, être disposé à se laisser glisser vers une forme d'éloge du balbutiement, de la potentialité de l'ébauche.

Alexandre Faure

(Psychologue clinicien)

Serio Ludere

 

Posant -sans être prostré- dans la posture de l'imposteur, le valet multicarte VMV pique et égratigne de bon coeur des références de la mémoire collective et de la culture populaire, au service du « serio ludere » (jeu sérieux), persuadé que « la vie est une chose assez sérieuse pour en faire un jeu permanent ». Hors des lois du marché, son oeuvre non hiérarchisée déjoue les codes sur un coup de dé pour mieux transgresser les règles du jeu, tel le Fripon Divin, le décepteur de Levi-Strauss. Il triche comme il se contraint, troquant tour à tour son masque hiératique contre un costume de bouffon.

 

Écrivain, musicien, sculpteur, peintre, qu'il s'appelle Vincent, Michaël ou les deux, Vallet chambre le réel avec une insolence très contemporaine, dégriffant toutes les étiquettes que l'on serait tenté de lui coudre, quitte à en découdre ludiquement. Exégète du cool, s'il joue un rôle (celui de l'artiste), il n'en fait pas toute une histoire, car pour autant il le clame : « l'art est tout le contraire d'un drame ».

Antonin Druart

(Auteur et rédacteur culturel)

Mon fils avant tout

Il n’y a pas eu beaucoup d’artiste dans la famille et on ne peut pas dire qu’on ait beaucoup fréquenté les musées. Mon grand père sculptait un peu le bois mais rien de plus et Vincent-Michaël ne l’a pas connu. C'est pourquoi je n'arrive pas toujours à me projeter dans les œuvres qu'il réalise.

 

S'il fallait choisir une pratique je dirai que je préfère ses sculptures. On comprend mieux ce qu’il veut dire à travers elles et il m'emprunte souvent des jouets pour les réaliser. J’adore les "Métopes" qu’il a installé avec son père dans une église de Rennes. On dirait que ça vole dans ce lieu si grand. De tout son travail, c’est peut-être la pièce qui me plaît le plus. Par contre, je n’ai pas du tout compris la performance "Autant que fer se peut" mais je le trouve très beau sur les photographies et pour une maman c’est suffisant. Mais à quoi ça sert de repasser en public ? Et Léonard de Vinci ? Ça m'a fait un peu rire parce que pour moi c'est quelque chose que l'on fait à la maison. Peut-être que l’art c’est ça ?

 

En tout cas, je ne m'inquiète pas pour lui. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi créatif. C'est important pour un artiste.


Claudine Vallet

(Assistante maternelle et mère de l'artiste)

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